Il est déconseillé à l’auteur de faire une BD humoristique d’une seule page car cela implique que celui-ci soit capable de planter un décor, de mettre en scène des personnages dont il aura au préalable présenté le caractère et de faire se dérouler une action qui devra amuser le lecteur. Une page ne laisse pas le temps à l’auteur de faire ces trois choses sauf s’il s’agit d’une série où le lecteur est déjà familier des personnages et des diverses situations qu’ils sont amenés à rencontrer.
Une BD humoristique ne doit pas reposer sur une simple chute en fin de page. Le lecteur doit pouvoir s’amuser à
chaque case de la BD. Si le scénario ne propose pas un gag régulièrement, c’est au dessinateur de pallier à ce manque en offrant des images amusantes de par leur trait où en rajoutant des scènes
annexes aux arrières plans.
La chute ne devra pas reposer sur un jeu de mot ou un gag vu et revu. L’apogée de la drôlerie de la planche ne doit pas obligatoirement se situer dans la dernière case car la chute est avant tout là pour faire comprendre au lecteur que le récit est terminé.
Les strips représentent un moyen simple et efficace de faire rire le lecteur mais l’auteur de BD doit comprendre
que ce qu’il écrit n’est pas drôle juste parce qu’il réalise un strip.

Un strip n’est pas drôle par définition, son élaboration demande beaucoup d’esprit de synthèse et d’organisation car le gag repose la plupart du temps sur la suggestion.
Par soucis de lisibilité, l’auteur préfèrera une planche en trois bandes plutôt qu’en quatre. Le temps de la bande
dessinée franco-belge aux personnages tassés dans leurs planches écrasées est révolu.

Le dessinateur doit pouvoir dessiner son personnage de plein pied sans que celui-ci soit
courbé ou représenté les pieds écartés pour justifier le fait qu’il n’interfère pas avec le haut de la case. Et si l’imposition des trois bandes implique la réalisation d’une page supplémentaire,
tant pis. Cela permettra sûrement à l’auteur de développer son histoire ou d’y rajouter des gags.
Le dessinateur doit trouver son propre style qui ne doit pas lui être dicté par un genre préexistant de bande
dessinée. Son histoire ne sera pas drôle parce qu’il tente de s’approprier un esprit « gros nez » de BD Franco-belge. Et copier des clichés trouvés dans des mangas ne fera pas de lui un
japonais.

Une œuvre typée ne sera jamais originale. Il doit construire son identité visuelle en observant ce qui lui plait dans les œuvres d’artistes venus d’horizons divers tout en apportant sa touche
personnelle.
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